Tout Autre Chose charge Ecolo sur le dossier de l’Esplanade à Louvain-la-Neuve. Ecolo répond : avez-vous lu le texte de la motion qui expose l’avis du groupe local et des mandataires Ecolo ? N’est-il pas suffisamment clair ? La Ville d’Ottignies donnera un avis dans ce dossier mais la décision sur le permis appartiendra à la Région. La modification du schéma de structure nous apparaît toujours à ce jour comme une fausse piste. La majorité d’OLLN a décidé de donner la parole aux habitants via une consultation citoyenne qui s’appuie sur le cadre légal mais qui l’améliore (notamment en proposant un argumentaire). Et cela dans un seul but : tout faire pour que cette consultation puisse peser sur la décision finale. 

Ecolo partage les aspirations de Tout Autre Chose et obtient des avancées

Le message que portent les écologistes d’Ottignies-Louvain-la-Neuve à propos du projet d’extension de l’Esplanade se veut honnête et circonstancié. Ce message semble difficilement audible pour une partie des opposants au projet.

Ces opposants fustigent tout particulièrement les élus Ecolo et en premier lieu le Bourgmestre, Jean-Luc Roland : comment est-il possible que, lui et son groupe, soutiennent un tel projet… si contraire aux valeurs portées par leur parti ?

Jean-Luc Roland devient ainsi « cheville ouvrière de la création du centre commercial L’Esplanade aux mille multinationales », Hadelin de Beer porteur d’un « message erroné » et d’autres mandataires Ecolo voudraient dénaturer le sens de la consultation populaire en n’offrant qu’une seule alternative : « approuver l’extension ou approuver une extension modifiée ? »… Bref, « À quel jeu joue Ecolo » ?

Des propos caricaturaux et un ton qui ne facilitent évidemment pas un débat de fond sur ce que nous voulons et sur les chemins possibles pour y arriver.

S’il faut le répéter, les mandataires politiques d’Ecolo travaillent à un changement de société ; ils partagent la plupart des espoirs, des attentes et des combats de celles et ceux qui voudraient tant « tout autre chose ».

Il ne faudrait pas que le débat sur l’Esplanade masque leurs avancées qui ont été obtenues par ailleurs, notamment en faveur de l’économie locale, de la démocratie participative et de projets d’urbanisme à taille humaine à Ottignies-Louvain-la-Neuve.

Sur l’Esplanade, les écologistes et les élus d’Ottignies font leur job

En ce qui concerne le projet d’extension de l’Esplanade, le groupe Ecolo d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, après de longs débats – parfois animés – a arrêté une position dans un texte que nous vous invitons à lire ici.

Cette position est sans ambiguïté : « nous (Ecolo) ne pouvons que dire non à ce projet d’extension de l’Esplanade ». Mais la motion ne se limite pas à énoncer cette position de principe, car « cette position de refus se doit aussi d’intégrer la réalité de paramètres de propriété, de règlements urbanistiques et autres qui font qu’il ne subsiste pas de moyen fondé en droit pour s’opposer par principe à la demande d’extension de l’Esplanade d’autant plus que la délivrance du permis sera légalement le fait du fonctionnaire délégué et du fonctionnaire technique de la Région wallonne ».

Celles et ceux qui proposent de s’opposer  « par principe » au projet d’extension devraient alors aussi préciser les conséquences de cette position : prendre le risque que le permis soit accordé sans aucune contrainte. Bref, de faire finalement le jeu du promoteur…

On peut nier ces réalités. On peut se contenter d’une position de principe. Mais le choix du groupe et des mandataires Ecolo est d’intégrer ces réalités et d’agir de façon à maximiser les avancées possibles et minimiser les impacts négatifs si le permis était accordé. Il en va de notre responsabilité vis-à-vis des habitants.

Une procédure novatrice pour donner la parole aux habitants

La consultation citoyenne d’OLLN ira plus loin qu’une simple consultation populaire « pour ou contre le principe de l’extension de l’Esplanade » que certains réclament. Pourquoi aller plus loin ? Parce que le résultat d’une consultation portant sur cette seule question n’aurait aucun poids vis-à-vis du fonctionnaire-délégué de la Région wallonne. En effet, celui-ci doit appuyer sa décision sur des arguments. La consultation citoyenne permettra, elle, d’exprimer les arguments retenus par les participants pour déterminer leur position. C’est de cette manière seulement que la consultation de la population est susceptible de peser réellement sur le processus de décision.

Et puisqu’il semble qu’il faille une nouvelle fois le clarifier : bien sûr, les élus, Ecolo en tête, tiendront compte des résultats de la consultation citoyenne pour formuler l’avis argumenté qu’ils remettront au fonctionnaire-délégué de la Région wallonne. C’est précisément dans cette optique que le Conseil communal a décidé d’organiser une telle consultation « élargie » (avec argumentaire) : pour que cette dernière ne reste pas lettre morte.

Les élus Ecolo ne peuvent pas s’asseoir sur la loi

Les élus Ecolo mènent leur action de façon réfléchie et respectueuse de l’état de droit. Même si ce n’est pas toujours agréable, ils doivent regarder les choses en face et tenir compte des contraintes auxquelles ils ne peuvent se soustraire en tant qu’élus. C’est ainsi qu’ils veulent assumer leurs responsabilités, sans tromper la population.

Et une chose est absolument sûre : à la place des mandataires Ecolo, les donneurs de leçon et les flingueurs à tous crins qui pensent qu’ « il n’y a qu’à… » seraient confrontés aux mêmes contraintes et aux même limites. Faire croire le contraire, cela revient ni plus ni moins à donner finalement davantage de pouvoir à ceux auxquels on ne tient pas spécialement à en donner…

À titre d’exemple : même si Ecolo et les Verts européens ont combattu la directive « Services » européenne, cette directive a finalement été adoptée. On peut bien sûr le regretter, mais cette adoption fait en sorte que des arguments liés à la concurrence exacerbée ou à la surconsommation ne peuvent pas être pris en considération pour refuser le permis d’extension. Les prescriptions de la directive s’imposent désormais dans le champ juridique.

Autre exemple: certains affirment qu’il suffirait de modifier le schéma de structure communal pour rendre impossible l’extension projetée. Pour concrétiser une telle modification, la Ville est tenue de respecter une procédure, définie par la Région wallonne. Si cette procédure était lancée aujourd’hui, elle ne pourrait pas aboutir avant le dépôt de la demande de permis, car elle nécessiterait notamment une enquête publique. Or, fort logiquement, c’est le schéma de structure existant au moment de la demande qui est pris en considération pour juger de sa recevabilité ou non. À nouveau, on peut le regretter, mais cette piste n’est donc pas praticable pour barrer la route au projet actuel d’extension.

Alors, de grâce, débattons ensemble d’idées, de stratégies, de tactiques, à l’écoute les uns des autres, pour nous renforcer mutuellement plutôt que de nous diviser et nous affaiblir.

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